1783 L’effet du Laki en Forez

Article écrit par Adrien Gauchon, bénévole à La Diana

Le 8 juin 1783, le Laki entre en éruption explosive, de niveau 4-5 sur 8, jusqu’à février 1784. Située en Islande l’éruption de ce volcan touchera toute Europe avec des effets climatiques importants aussi bien au niveau économique que de l’agriculture avec le déclenchement de la famine nommé Móðuharðindin.

Plusieurs écrits du Forez montre la présence de cette éruption :

« A mis juin il commenceat à reigner des brouillards sercs qui couvroient le pays et le soleil à son levé et à  son couché parassoit fort rouge. Dans le jour il ne paraissoit qu’à travers les brouillards et encor rarement. Et cela a duré jusqu’au 5 juillet et par reprise. » R.P. de Coize

« Il a reigné cette année pendant les trois premières semaines de juillet, des brouillards fort épais. »…. « A travers ces brouillards on fixait aisément le soleil qui dans son coucher, pendant ces trois semaines, a toujours paru couleur de sang très foncé. »  R.P. de Cogny

« L’air se couvrit d’une espèce de brouillard très peu dense, qui n’arrêtait pas la lumière du soleil, mais il était d’une rougeur sanguinolente. » R.P. de Mars

« On aperçu dans la saison d’étée de l’an 1783, et cela pendant plusieurs jours une rougeur sanguine au soleil tous les matins à son levé jusqu’à neuf heures du matin et depuis les cinq ou six heures du soir et une grande partie de la nuit cette rougeur reparaissait, en sorte qu’on avait peine à reconnaitre au milieu de ces signes effrayants cet astre qui jusque là avait présidé au jour ; de là des inondations inouïes, des chaleurs excessives » R.P. de Saint-Priest-la-Prugne

Ces textes montrent la présence de poudre volcanique dans le ciel.

Et d’autres montrent la distance que parcourt l’éruption :

« Nous avons eu aussi pendant six semaines de l’été, depuis le 13 juin jusqu’à la fin de juillet, des brouillard secs,  … , si épais qu’en plusieurs endroits à peine voyait-on se conduire, et qui ont couvert généralement tout l’horizon et répandus sur toute l’Europe. Tels sont les phénomènes inuis arrivés dans le cours de cette année 1783. Point de commerce, l’argent d’un rare extraordinaire. » R.P. de Chiroubles

Mais des tremblements ce sont aussi fait sentir le 6 juin dans le Forez :

« Quoiqu’il en soit, Il y eut effectivement dans ces montagnes une très légère secousse de tremblement de terre le dimanche 6 juillet, vers les dix heures du matin… »  « …plusieurs personnes, les bergers surtout qui étoient dans les champs, ceux qui gardoient pendant le service divin à Propière, à saint-germain et ailleurs, dirent avoir senti une secousse,… » « …je fus convaincu de la vérité du fait, après avoir reçu plusieurs lettres de bourgogne qui toutes convenoient sur l’heure, le jour et le moment précis où la secousse s’éto   vit fait sentir ; la commotion fut bien plus sensible à Beaune, à chalon, à Senecey, etc… que dans nos régions, et la frayeur aussi par conséquent. » R.P. d’Azolette

« Il y eut une légère secousse de tremblement de terre, le dimanche 6 juillet, vers les six heures du matin » R.P. de Mars

De nombreux textes évoquent les effets sur l’agriculture et les débuts de la famine :

« La récolte de toutes les espèces de grain furent très médiocre, le froment valut cinq livres, et le seigle trois livres douze sols » R.P. d’Azolette

« La récolte de toutes les espèces de grains fut très médiocre. » R.P. de Mars

 

Les citations sont tirées de l’ouvrage de l’abbé Jean Canard Météorologie ancienne. Imprimé par l’auteur en 1961 (ouvrage conservé dans la bibliothèque de La Diana)

L’Atlas linguistique et ethnographique du Lyonnais

Parmi les ouvrages d’exception conservés à La Diana, le lecteur peut trouver l’Atlas linguistique et ethnographique du Lyonnais de Mgr Pierre Gardette publié par l’Institut de Linguistique romane des Facultés catholiques à partir de 1950.

Entouré de Paulette  Durdilly, Simone Escoffier, Henri Girodet, Marguerite Gonon et Anne-Marie Vurpas-Gaillard, le recteur des Facultés catholiques de Lyon fit le relevé systématique des patois du Lyonnais c’est-à-dire des départements de la Loire et du Rhône et ainsi que quelques parties limitrophes des départements voisins.  A partir de 75 lieux d’enquête, Mgr Gardette et son équipe ont recueilli le parler local et le vocabulaire utilisé dans les campagnes du Beaujolais, du Forez, du Lyonnais proprement dit, du Pilat et du Roannais. Les villes ont été délaissées au profit des campagnes car souvent on y parlait plus que le français. Chaque terme est noté phonétiquement sur les cartes et ce qui permet facilement les comparaisons entre les dialectes.

Mais cet ouvrage s’adresse également à tous ceux qui s’intéressent à la vie rurale et au petit patrimoine grâce aux notices explicatives et aux dessins accompagnant de nombreux termes. Par exemple, la double page consacrée à l’araire montre plusieurs modèles d’outils et sur la carte, nous voyons si cet engin est encore utilisé au moment de l’enquête et elle est complétée par  9 feuillets décrivant les différentes parties de l’araire : soc, poignées…

Atlas linguistique et ethnographique du Lyonnais par P. GardetteDouble page consacrée à l’araire. Tome I (photo Muriel Pichon)

L’Atlas linguistique et ethnographique du Lyonnais compte 5 volumes : les 3 premiers volumes de cartes, puis un volume de présentation de la méthode de travail et enfin un volume de commentaires linguistiques. Tous sont consultables à la bibliothèque de La Diana.

 

La bibliothèque de La Diana

La bibliothèque de La Diana propose à ses membres un ensemble de collections variées, constituées dès son origine par des acquisitions et des dons de livres, ainsi que des dépôts de collections privées mises à sa disposition. Elle compte plusieurs milliers d‘ouvrages qui font actuellement l’objet d’un inventaire et d’un catalogue informatisé accessible par Internet (La Diana- Catalogue en ligne). Aujourd’hui 5200 livres ont été traités,  laissant apparaître la variété documentaire de cet ensemble documentaire riche dans toutes les disciplines, mais plus particulièrement en Archéologie et en Histoire, spécialement en Histoire du Forez et de l’ensemble de notre région.

Ces ouvrages sont accessibles pour une consultation sur place dans la grande salle de lecture, qu’il s’agisse des Usuels (dictionnaires, encyclopédies, atlas et ouvrages de référence), des livres conservés dans la salle héraldique, ou des livres déposés dans les magasins de La Diana. Mais les ouvrages de documentation courante peuvent également être empruntés pour une durée déterminée, en fonction des sujets d’étude et de recherches effectuées par les membres de La Diana.

D’autre part, cette bibliothèque comprend un nombre importants d’ouvrages anciens précieux et rares acquis au fil du temps. Certains font actuellement l’objet d’étude à des fins de restauration et d’amélioration de leurs conditions de conservation.

La Diana est également dépositaire du fonds ancien de la Ville de Montbrison issu des confiscations révolutionnaires. Cette collection comprend 5000 volumes antérieurs au XIXe siècle. La Diana a reçu, par convention établie au moment de sa création, toute délégation pour sa conservation et sa mise en valeur.

Enfin, l’essentiel des fascicules du Bulletin de La Diana est consultable en ligne sur le site « Gallica » de la Bibliothèque nationale de France.