Conférence : Montbrison au Moyen Age le 26 janvier, 20h00

Si Montbrison a fait l’objet de nombreuses approches historiques depuis le XVIIe siècle, la recherche archéologique intra muros est beaucoup plus récente et ne remonte qu’aux années 1980

.2496 Montbrison vue d'après l'armorial de Guillaume Revel Cabinet d'estampes

Depuis, plusieurs fouilles et études ont permis d’approfondir le sujet et nous permettent aujourd’hui de voir la ville et son développement sous un autre visage .
Au cours d’une soirée destinée au grand public et aux amateurs de Patrimoine, l’archéologue Christophe Mathevot vous dévoilera les résultats de quelques chantiers récents tout en nous faisant voyager au coeur de la capitale du Forez médiéval.
Vendredi 26 janvier, 20h00 salle de lecture de La Diana, 7 rue Florimond Robertet à Montbrison.

Montbrison médiéval

Les actes du colloque Montbrison médiéval viennent de paraître.

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Le 6 février 2016, la salle de lecture de La Diana était trop petite pour accueillir les nombreux auditeurs venus écouter les intervenants invités par Christophe Mathevot et Jean-Michel Poisson.

Car si Montbrison est une cité bien connue des historiens grâce notamment aux archives conservées à la Diana.  L’aspect archéologique avait été moins abordé, ce manque est désormais comblé grâce à l’ouverture de plusieurs chantiers d’archéologie préventive à partir des années 2000.

Les dix articles de l’ouvrage abordent différents thèmes du développement de la cité : l’artisanat, la construction de l’enceinte…

Les actes ont été publiés avec l’aide du Département de la Loire, la ville de Montbrison et le CIHAM

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage auprès du secrétariat de La Diana au prix de 18€ ( frais de port en supplément).

 

Anne Dauphine (1358-1417) dernière comtesse de Forez

La Diana organise un colloque à l’occasion du sixième centenaire de la mort d’Anne Dauphine (1358 – 1417).

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L’épouse de Louis II de Bourbon,en héritant du comté de Forez, l’a définitivement fait entrer dans le duché de Bourbonnais. Elle est par conséquent la dernière comtesse d’un Forez relevant directement du roi de France.

La thématique principale de cette journée est axée sur le personnage d’Anne Dauphine, les territoires et les sites sur lesquels la comtesse et son époux ont vécu, séjourné ou exercé leur autorité. La seconde thématique se structure autour du gouvernement des femmes à la fin du Moyen-Age, ce qui est particulièrement intéressant à une époque où la loi salique s’est imposée pour la dévolution du trône de France. Des comparaisons avec d’autres princesses permettront de l’appréhender.

Ce colloque est placé sous la présidence effective de Monsieur Olivier Mattéoni, professeur d’histoire médiévale à la Sorbonne et fait intervenir de nombreux historiens et archéologues, des universités de Paris, Lyon et Clermont-Ferrand comme vous pourrez le constater sur le programme ci-dessous.

Programme

  • 9H00 – 9H15 : ouverture du colloque par Noël de Saint Pulgent, Président de La Diana
  • 9H15 – 9H45 : Olivier Mattéoni, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/LaMOP (UMR 8589), « Introduction »

ANNE DAUPHINE DUCHESSE DE BOURBONNAIS ET COMTESSE DE FOREZ

Président de séance : Olivier Mattéoni.

  • 9H45 – 10H10 : Jean Damien Généro, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « Les actes d’Anne Dauphine : étude diplomatique. »
  • 10H10 – 10H35 : Lucie Jardot, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « Le grand sceau d’Anne Dauphine, au prisme des sceaux de princesses contemporaines. »
  • 10H35 – 10H50 : Pause
  • 10H50 – 11H15 : Dominique Laurent, docteure en histoire, Société bourbonnaise des études locales, « L’hôtel d’Anne Dauphine : vie quotidienne et organisation »
  • 11H15 – 11H40 : Anne Embs, conservatrice du patrimoine, « La nécropole des Bourbons et les tombeaux d’Anne et de Louis de Bourbon. »
  • 11H40 – 12H00 : Discussion

Présidente de séance : Marie-Thérèse Lorcin, professeur honoraire d’histoire médiévale à l’université Lyon 2.

ANNE DAUPHINE en ses lieux

  • 13H30 – 13H55 : Celia Condello, Université Lumière Lyon 2, « Étude de la séparation des logis du duc et de la duchesse à travers un exemple inédit : l’étage construit pour Anne Dauphine au château de Moulins (après 1400). »
  • 13H55 – 14H20 : Elisabeth Sirot, Université Lumière Lyon 2, « Le château de Souvigny, résidence bourbonnaise d’Anne Dauphine. »
  • 14H20 – 14H45 : Jean-Michel Poisson, EHESS, « Le château de Cleppé, résidence forézienne d’Anne Dauphine. »
  • 14H45 – 15H10 : Jean-Luc Fray, Université Clermont Auvergne, « Centres de pouvoirs et localités centrales au temps d’Anne Dauphine. Forez et régions voisines. »
  • 15H10 – 15H30 : Discussion
  • 15H30 – 15H45 : Pause

ANNE DAUPHINE EN SON TEMPS

  • 15H45 – 16H10 : Marion Chaigne, Université Paris IV-Sorbonne, « Les duchesses de la seconde maison d’Anjou (1360 – 1481). »
  • 16H10 – 16H35 : Christophe Mathevot, La Diana UMR5648, « Une carrière au service du Roi : Guy de Damas (v.1335-1408) et Couzan. »
  • 16H35 – 17H00 : Discussion et conclusion du colloque

Nous vous signalons également l’auto-tour des Clés du Forez  sur les pas d’Anne-Dauphine
> Jeudi 28 septembre à 14h – au départ de Montbrison
Durée : environ 4h – Inscription obligatoire ici

Conférence de Christian Frachette

Le Docteur Christian Frachette donnera une conférence le vendredi 7 avril 2017 à La Diana à 20 h 00

 le comté de Forez et son second lignage, de Guy 1er à Guy VII

Le Forez est au Moyen Age le territoire d’un comté qui correspond, sauf au Nord-Est, à une grande partie du département actuel de la Loire. Il est administré, entre le XIIe et le XIVe siècle, par une belle lignée comtale qui commence avec Guy 1er dans laquelle s’illustrent les comtes Guy IV et Jean 1er. Le comte de Forez, vassal du roi de France, gouverne de façon presque indépendante, un état doté de solides institutions et fait de Montbrison une véritable capitale. Mais, la mort de Guy VII, la bataille de Brignais (1362) qui décime la famille comtale et une succession disputée conduisent au mariage d’Anne Dauphine, héritière du Forez avec Louis II de Bourbon et à l’incorporation du Forez dans les états bourbonnais…

La conférence s’attache à montrer comment, autour d’une belle dynastie féodale, le Forez s’est organisé et développé entre le XIIe et le XIVe siècle, entre Guy 1er et Guy VII.

Le Docteur Christian Frachette, médecin retraité, historien médiéviste, membre de la Diana dans le Bulletin de laquelle il a publié plusieurs communications, est l’auteur d’un ouvrage  sur le gouvernement du comté de Forez.

Le château de Couzan

Le château de Couzan

Le château de Sail-sous-Couzan
Les premiers seigneurs de Couzan, les Damas, sont issus de la Maison de Semur qui possédait une partie de la Bourgogne, le Brionnais. C’est au XIème siècle que les Semur décident de s’implanter sur les bords du Lignon, à Couzan, un poste avancé aux confins de l’Empire et du Royaume de France.

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Dès le XIIIe siècle, l’hommage de la seigneurie de Couzan devint un enjeu et une cause de conflits tant la puissance des Damas était incontestée, même les Sires de Beaujeu échouèrent le siège de la forteresse. Guy II de Couzan, pour avoir vaillamment défendu Bourges contre les Anglais en 1356, puis à Riom en 1359, devint conseiller du Roi, et Maître d’Hôtel de Monseigneur le Roy en 1385 pour être nommé en 1402 grand Chambellan de France

Le château passa ensuite à la puissante famille de Lévis au milieu du XVe siècle, puis à la maison de Luzy au XVIIe siècle, enfin Thy de Milly à partir de la fin du XVIIIe siècle. En 1932, la Société La Diana l’acquiert pour y faire des réparations urgentes. Depuis 1995 de lourds travaux y sont entrepris, avec plusieurs chantiers de restauration et mise en valeur.

La salle héraldique de la Diana

La salle héraldique de la Diana

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Vers 1295, cette salle vient d’être édifiée par Jean Ier de Forez (1276-1333) arrière petit-fils de Guy IV. Sa première destination pense-t-on à la suite des historiens du 17e siècle, était de remplacer pour les fêtes et assemblées la salle du château de Sury-le-Comtal, peut-être à l’occasion du mariage de Jean Ier avec Alix de Viennois, fille du Dauphin.Les murs d’origine du monument sont en simple pisé de terre, matériau le plus commun des constructions de l’époque, permettant une exécution rapide et peu coûteuse.La décoration qui est la partie la mieux conservée et la plus curieuse par sa rareté, n’a peut-être pas été réalisée en même temps que le gros-oeuvre.

De longs ais divisent cette voûte en 48 bandes parallèles sur chacune desquelles est peint un écusson se répétant 36 fois ce qui donne un total assez impressionnant pour un observateur rapide de 1728 compartiments.Tout autour de la salle, à la naissance des voûtes court une frise ornée de 242 écussons entrelacés d’ animaux fantastiques. Ils représentent tous, à l’ exception des armes du Roi de France, Suzerain de Forez, et de son épouse, Jeanne de Navarre, des blasons des familles féodales, alliées des comtes de Forez ou leur rendant hommage pour des possessions situées en Forez.

Certains l’attribuant à Jeanne de Bourbon, comtesse de Forez, veuve de Guy VII, fils de Jean Ier, qui vivait vers 1350. Les difficultés de la France à ce moment cruel de la guerre de Cent-ans laissent cependant supposer que cela été fait avant cette date plus tardive. La salle mesure 19 mètres de long sur 8 mètres de hauteur et de largeur. Elle est un spécimen de ce que l’ on nomme l’ ogive en tiers point, engendrée par un triangle, dont les proportions entre la base et la hauteur sont entre elles, comme 4 et 2 et demi. Cette caractéristique, conforte la datation de la fin du 13e siècle où ce type d’ architecture est attesté.
Durant sa longue existence, cette salle a connu des destins variés. Jusqu’en 1531, soit plus de deux siècles, elle sert de salle de réunion des Etats de Forez, notamment en 1315 et 1358. En 1531, le Forez, déjà dans la mouvance des Bourbons, devient une province directe du Roi de France, à la suite de l’opportune confiscation des biens du Connétable de Bourbon par François 1er pour le punir de son alliance avec Charles-Quint. Le roi, qui est en même temps comte de Forez, y nomme un bailli en la personne de Claude d’Urfé, grand-père d’Honoré d’Urfé, auteur de l’Astrée, et possesseur du Château de la Bâtie d’Urfé.

C’est sans doute à cette époque que le bâtiment connu simplement sous le nom de « grande salle du Cloître » prit celui de la Diana, par contraction du mot « Decanis » ou « Doyenné ». La contagion et les guerres civiles n’empêchèrent pas les festivités, puisque la salle de la Diana vit en février 1588 la représentation d’une sorte de pièce de théâtre intitulée « La Pastorelle » écrite par le chanoine Loïs Papon, humaniste, célébrant une victoire des Ligueurs.

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Les Etats de Forez se réunissant rarement, bien que la nomination aux Etats généraux de 1614 des délégués du Comté s’y tint encore, le bâtiment sert le plus souvent à l’intronisation des chanoines.

La Révolution
L’ Histoire de ce cloître bascule en 1789, les chanoines sont spoliés de leurs biens qui sont, maisons comprises, vendues aux enchères, emprisonnés puis guillotinés à Lyon ou fusillés à Feurs entre 1793 et 1794, pour ceux qui n’ avaient pas pu fuir à l’ étranger. L’édifice est entièrement dévasté, transformé en écurie ou dépôt au rez-de-chaussée, tandis que l’on construit à hauteur des frises un plancher grossier pour servir de grange, sort d’ ailleurs commun à plusieurs églises de Montbrison. Dans une certaine mesure, cette transformation a pu préserver le plafond armorié des intempéries et de la ruine!

Sauvetage du monument et création de la Société Historique et Archéologique du Forez en 1862
Passant de mains en mains, l’édifice attire l’ attention de plusieurs érudits locaux qui vers 1860 en informent le Duc de Persigny, ministre de Napoléon III et forézien d’ origine. Celui-ci aida tout d’ abord à racheter le bâtiment en 1862 pour 6.000 francs-or, puis fit voter d’importantes subventions en vue d’abriter dans les locaux une société historique qui prendrait le nom de la Diana.
Les travaux, à la façon Viollet-le-Duc, mais non sous sa direction, furent exécutés entre 1863 et 1865, et aboutirent à l’ édification des façades Est et Ouest traitées en pierres et style néo-gothique, la cheminée intérieure et les vitrines de la bibliothèque qui devait abriter tous les livres, ouvrages ou documents parus sur l’ histoire de la province de Forez et en constituer la mémoire, selon son fondateur.

Ce rôle depuis ce mois d’août 1862 avec 230 membres à l’ origine, a bien été joué par la Société Historique et Archéologique du Forez « La Diana ». En même temps on crée le bulletin de la Société, on constitue les bibliothèques, les échanges de publications avec d’ autres sociétés historiques et archéologiques françaises, puis inaugure le musée archéologique en 1884…, beaucoup de chemin parcouru depuis, avec aujourd’hui plus de 1100 membres, plus de 30.000 volumes dans ses bibliothèques, de nombreuses archives, et un musée archéologique ayant un laboratoire d’ études aujourd’hui d’ audience scientifique et un service pédagogique.
Parallèlement la Diana a pu mener à une époque où l’opinion était moins sensibilisée une œuvre de sauvegarde et protection des monuments anciens du Forez. Le plus beau fleuron du patrimoine de la Diana est le château de la Bâtie d’Urfé, acquis au bord de la ruine en 1912 et restauré depuis grâce à une convention conclue avec le Conseil Général de la Loire. Il faut y ajouter les travaux de restauration et chantiers d’été de Couzan, forteresse féodale; la restauration de la chapelle de Baffie à Saint-Germain-Laval, le sauvetage de la Commanderie de Montbrison …